Déconstruction de la théorie du « bide »

Le « bide » , dans le vocabulaire de Chacun Son Pays, désigne dans le cadre d’une Version une baisse flagrante d’activité préfigurant la fin de ladite Version. C’est un terme péjoratif souvent lancé à la face des administrateurs comme la raison nécessaire et suffisante de l’arrêt des combats pour le maintien de la Version et de la nécessité de commencer à envisager et préparer les bases d’une nouvelle Version. De façon plus générale il s’agit d’un échec complet et cuisant, d’une démonstration n’ayant pas trouvé le succès : l’expression nous vient d’une série de métaphores stomacales selon lesquelles le pauvre homme abattu à l’origine de cette déconvenue rentrerait « ventre à terre » ou « sur le bide », « bide » nous venant dès lors de « bidon », lui-même de « bida », le vase. Le « bide » est donc, à la base, un récipient à remplir, et non ironiquement l’expression d’un récipient vidé, ce qui nuance d’ores et déjà l’intérêt de l’emploi de cette expression.

Dans le cas de Chacun Son Pays le « bide » désigne avant tout une baisse d’activité, c’est-à-dire une baisse progressive ou brutale (auquel cas nous pouvons parler de « gros bide ») de la fréquence de publication des messages. Le « bide » semble en effet se concentrer d’abord et avant tout sur cette baisse du nombre de publications, dans une fourchette de temps relativement courte. C’est là donc la seconde erreur dans l’emploi de ce mot, après l’étymologie : le terme ne prend pas en compte si les principales puissances du jeu sont jouées, la probabilité que la baisse d’activité ne soit que provisoire entre deux pics d’activité, le contenu des publications qui peuvent être plus rares mais aussi plus travaillées, la date depuis laquelle la Version a commencé, l’activité de la Version par rapport aux précédentes sur le même thème et ces derniers mois. En bref le « bide » fait des amalgames et se permet de juger d’une chose dont il ne connaît pas toutes les nuances.

Enfin, le « bide » en dit bien davantage sur celui qui l’emploie que la Version qu’il désigne et surtout apporte bien moins qu’il retire. Pour le premier point car le joueur meuglant à n’en plus finir que la Version est un « bide » avec lequel arrive la fin du monde, le Jugement Dernier et les Cavaliers de l’Apocalypse, n’assume simplement pas, derrière une prétendue objectivité et sincérité dans un jugement sur la Version, qu’il en souhaite personnellement la fin. Par ailleurs, en second point, l’employer participe avant tout à un nivellement psychologique vers le bas : dire que la Version « bide » c’est se placer dans une posture négative et fermée, décourager les nouveaux venus jeunes et enthousiastes, affaiblir l’endurance des anciens.

Si tout le monde est évidemment libre d’employer les mots qu’il veut, employer celui de « bide » s’avère donc collectivement contre-productif et sémiologiquement vague. Il fallait le dire.

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